Maxi-manteaux, blousons démesurés, pantalons larges : les défilés de mode masculine pour l’hiver prochain ont vu les choses en grand mercredi, au premier jour de la Fashion Week parisienne, qui a également été marqué par les inspirations vintage de Carven et Valentino.

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La fureur de Walter Van Beirendonck

« D’habitude, je suis un vrai pacifiste mais les événements de l’année dernière m’ont mis en colère », confie le belge Walter Van Beirendonck, dont le défilé était intitulé « Woest » (furieux, en flamand).

Dans sa collection très colorée aux accents tribaux, le créateur mêle le rassurant et l’inquiétant, avec des sortes de doudous qui s’accrochent aux vestes, ton sur ton, prenant des formes géométriques, d’animaux ou de fusils mitrailleurs.

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« Nous avons mêlé des poupées avec des fusils et des lapins avec des tronçonneuses. C’est un mélange de choses très douces et très agressives, c’est le monde d’aujourd’hui », poursuit Walter Van Beirendonck.

Valentino au Far West

Veste en daim, poncho, patchworks : Valentino a fait défiler des silhouettes hippies et seventies. Avec une inspiration amérindienne pour les imprimés de vestes. Des petits foulards sont noués autour du cou, des pompons accessoirisent une veste en cuir à franges, les jeans sont larges et parfois brodés.

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Une partie de la collection de Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli est plus sobre, avec des costumes sombres brodés aux épaules, des pantalons ajustés et des cabans. Et pourquoi ne pas oser un pyjama noir à liseré blanc, à porter au-dessus d’un col roulé, baskets aux pieds ?

Maille et inspirations 1970-80 pour Carven

Pour sa deuxième collection chez Carven, le directeur de la création homme, Barnabé Hardy, s’est inspiré d’une publicité avec le chanteur Rod Stewart dans les années 1970. « Il faisait une campagne de pub pour une marque de chaussures, il avait toute une tenue en maille, avec les guêtres, le pull, le tout coordonné », explique le créateur.

La maille est reine dans ce vestiaire à la palette sombre, avec du marine, noir et gris, rehaussée de touches d’orange et de rouge. Barnabé Hardy avait en tête « l’idée rassurante de se lover dans un pull, avec de longues écharpes, des bonnets, une parka comme un sac de couchage. Je voulais de la douceur, de la rondeur ! »

Aux pieds, des chaussures crantées à fausse fourrure, façon poney, donnent une touche vintage, tout comme des sacs en vinyle craquelé brillants.

Les pirates urbains de AVOC

Pour son premier défilé à la Fashion Week, la marque parisienne AVOC (Architecture vestimentaire et ornement corporel) a proposé une collection très urbaine, aux tons sobres, marquée par le streetwear et les formes amples.

Dans un décor industriel, au son d’une musique techno, devant des invités debout, les mannequins formaient une bande dont le meneur hurlait régulièrement le nom de la marque, optant de temps à autre pour un délicat « Fils de pute ! », sans que l’on sache exactement qui était ainsi interpellé.

« Cette collection, ce sont des pirates du 21e siècle qui ont entre 20 et 23 ans et qui ont envie de prendre le pouvoir », a expliqué le créateur Bastien Laurent.

Maxi-manteaux et pantalons amples chez Off-White

Le créateur Virgil Abloh, qui est aussi le conseiller mode de Kanye West, a présenté une collection entre streetwear et uniformes de sport ou de travail, dans un décor vitaminé couleur orange, sous les yeux d’Olivier Rousteing, directeur artistique de Balmain.

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Les blousons d’aviateur sont oversize, les pantalons larges. Des manteaux à l’aspect inachevé, avec pièces et coutures apparentes, descendent jusqu’aux pieds, déclinés en jaune vif, rose bonbon, noir ou blanc.

Côté motifs, on trouve des bandes diagonales, signature de la marque, des losanges blancs et noirs sur un blouson de jockey. Des ceintures jaunes à inscription « Off-White » serrées à la taille pendent le long du corps, comme des rubans de signalisation.

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L’Américain, qui conçoit aussi des collections de prêt-à-porter féminin, a été l’un des finalistes du prix LVMH en 2015.

Raf Simons : écoliers grunge

Sur une bande son de Twin Peaks, la série de David Lynch, Raf Simons a présenté la première collection de sa marque personnelle depuis son départ de la direction artistique de Dior en octobre.
La raie au milieu, les cheveux plaqués de chaque côté, des silhouettes d’adolescents ont défilé sur un podium labyrinthique.

Les chandails et les pulls à col V d’écolier ou d’étudiant sont démesurés, les manches interminables. Ils sont troués par endroits, comme dévorés par les mites à l’encolure. Les pantalons sont courts, comme ceux d’un enfant qui aurait grandi trop vite. Ils laissent voir les chaussettes, et se portent avec des baskets plates au look vintage.
Les cabans sont eux aussi oversize, les doudounes gigantesques enveloppent le corps comme des duvets.

« Fashion Mag »

Guillaume

Our Runway